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samedi 2 avril 2011

COUP DE GUEULE : IL ETAIT UNE FOIS ...



Il était une fois, dans la luxuriante et vieille province, une tribu dirigée par un souverain acrimonieux, vil et bagarreur qui pensait naïvement que son petit royaume était le plus beau, le plus séduisant, le plus intelligent de tous.

On raconte même que son nom provenait de l’un des plus célèbres fromages du pays.

Sa population était, pour la plupart, regroupée sur la verte colline qui enchâssait la contrée. Ainsi perchés, les sujets de ce royaume avaient fini par se croire impénétrables et imprenables.

Cela ne l’avait pas empêché d’être conquis facilement par un horsain du département voisin qui avait planté son drapeau sur la citadelle élevée non loin de l’église paroissiale . On raconte même dans les chaumières, à la veillée, que le roi leur aurait apporté son aide … mais il ne s’agit que de rumeurs non étayées et véhiculées par de méchantes langues …

Ce clochemerle venait de donner son nom au pays. La horde était fière et crâne et en avait même oublié son état de faiblesse .
Elle croyait enfin son heure venue quand de riches colons aux ordres d’outre-Atlantique, dont les monarques étaient venus autrefois, tombèrent sur elle en consultant une carte. Se considérant à l’étroit sur leur territoire ( qui menaçait de les exclure, ce qui la fichait mal vis à vis de leur grand chef resté sur la grande île) ils jetèrent leur dévolu sur le petit bout de territoire qui leur semblait pouvoir accueillir leurs desseins.
Ils dépêchèrent alors sur place l’un de leurs émissaires les plus fats et les plus affables . Une sorte de « commissaire politique » . Il était né dans la province mais obéissait aveuglement à l’étranger.
Comme il en avait l’habitude avec ceux qu’il estimait « sous-développés », il distribua aux habitants, qui voulurent bien se laisser approcher, beaucoup de richesses, de la bimbeloterie et leur fit envisager de nombreux privilèges et notamment un insigne à mettre au revers de leur veste, enfin tout ce qui allait leur permettre de rivaliser avec les occupants du puissant royaume voisin …
Il les flatta, les amadoua jusqu’à ce qu’ils signent la charte qui, à long terme, …allait les chasser de leur royaume.
Mais, ils ne savaient pas encore …

Et, comme le disait Monsieur Jean de La Fontaine (*) :

« Une grenouille vit un bœuf
Qui lui sembla de belle taille .
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s’étend et s’enfle et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : « Regardez-bien ma sœur ;
Est-ce assez ? Dites-moi : n’y suis-je point encore ?
Nenni . M’y voici donc ? – Point du tout . M’y voilà ?
-          Vous n’en approchez point « . La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva .

Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages.
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages… »


On aurait pu choisir « le corbeau et le renard »


(*) Monsieur Jean de LA FONTAINE était un grand fabuliste français ( 1621-1695) .
Si l’on en croit mon ami Claude Doyennel ( on n’a pas de raison de ne pas le croire !), plus connu littérairement sous le pseudonyme de « Arseni », les Russes, comme les Français, apprécient les fables de Monsieur de La Fontaine jusqu’à en oublier leurs origines . N’auraient-elles pas été écrites en Russie ?

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