Pages vues le mois dernier

samedi 11 février 2017

                                                     CET HEUREUX TEMPS N’EST PLUS !

Je suis né en France alors que le Président AURIOL dirigeait le Pays qui avait quelques années plus tôt été sauvagement agressé ! 
Nous étions régis par des valeurs issues pour la plupart du monde rural, dont nous provenions tous, ou la plupart, comme la « satisfaction du travail bien fait » et toutes les couches de la population étaient dignes et joyeuses de contribuer au redressement du territoire.

Nous avions été éduqués dans le respect des personnes âgées et des autorités en place à commencer par le Maire, le curé et l’instituteur devant lesquels nous nous découvrions sans nous poser de question, ni connaitre les véritables idées de nos interlocuteurs ! Nous étions généreux et accueillants avec les « étrangers «  comme l’avaient été nos père et nos aïeux !

Dans les années qui ont suivi la guerre, on jugeait le gens sur leur propre valeur et non sur leur bourse, leur véhicule ou leur compte en banque.

Nous obéissions sans tergiverser, quelque peu naïfs, à nos maîtres et à nos parents. Nous possédions le sens de la famille. Le dimanche, nous nous réunissions sans rien dire chez un membre de notre tribu, qui vivait dans une même contrée, pour partager le repas dominical.

 A l’époque, une simple quiche lorraine, une viande en sauce et un verre de cidre suffisaient à notre bonheur! L’important était de nous retrouver et de rire ensemble. 
L’après-midi nous nous laissions aller à égrainer, après la sempiternelle partie de cartes,  nos souvenirs familiaux (créateurs de mémoire et de vaillance) et… le récit des guerres qu’avaient connues nos parents ! … En silence, soumis, nous suivions nos géniteurs.     

Nous revêtions nos « habits du dimanche » le matin pour assister à la messe !

Deux fois par an, nous allions au cimetière saluer nos morts, fleurir et nous recueillir devant leurs sépultures. Les traditions étaient alors de mise et les repas de fête étaient une fois pour toutes distribués, sans fin …

Nous n’étions pas encore envahis par les émissions télévisées et encore moins par les tablette et téléphone mobile ! Nous chérissions notre « liberté de pensée »…

La politique, à l’exemple du « Président » interprété par Jean GABIN, était une chose sérieuse, saine et intègre que nous estimions ! Quand le repas avait été « arrosé » les « mendésistes » s’en prenaient parfois aux "gaullistes" mais la « culture »politique était si répandue – je vous rappelle qu’un « ouvrier » lisait au moins un journal chaque jour ! – que la compréhension l’emportait toujours,  tout finissait par s’arranger autour une nième rasade ! La démocratie  et la gentillesse géraient la planète !

Les réseaux sociaux n’existaient pas mais on connaissait et saluait ses voisins avec lesquels on discutait.


L’actualité nous prouve, si l’on était tenté de penser le contraire, que cette époque est définitivement terminée et qu’un climat de « guerre civile » règne désormais dans ce cher vieux pays ! On réitère les erreurs passées ! Un parent, aujourd’hui âgé de 80 ans me confiait récemment qu’il ne comprenait plus la vie actuelle ! A-t-il tort ou raison ? La société a-t-elle changée à ce point ? 
La faute à qui ?....

jeudi 2 février 2017

                                                            Les « Chevaliers noirs de la France » !
                                                   « Est-ce une révolte ? Non Sire : une REVOLUTION ! »

A une période si troublée au plan politique où les rémunérations de certains s’accroissent sans apparente limite alors que peine, effort et pénibilité sont rarement au rendez-vous, que d’autres préparent la mise en place de revenus de substitutions pour suppléer le manque annoncé de travail, l’excellent reportage de France 2 sur « les Gueules Noires » semble quelque peu irréaliste, comme une intrusion d’un monde OUVRIER, un modèle apparemment définitivement révolu, le miroir d’une inégalité qui subsiste pourtant entre Français  … et s’est tue au fil du temps comme un volcan endormi et assagi depuis plusieurs décennies… mais qui se réveillera un jour ! Les dirigeants doivent rester vigilants !

A l’issue de ce simple rapport circonstancié, et de ces affirmations inquiétantes, on comprend pourquoi ces « forçats de la houille » bénéficiaient, comme jadis la « noblesse », d’un statut spécial qu’on veut désormais éliminer ! Par deux fois, on est allé les chercher et ils ont relevé la France mais notre mémoire nationale est atteinte !

Comme me le disait récemment, sérieusement et sans haine un cousin, héritier de ces « sans-culottes » du XVIIIe siècle qu’on avait aussi, d’une certaine façon, poussés à bout : « Peut-être n’avons-nous terminé complètement notre Révolution ? Quelques inégalités ont sans doute été oubliées ? »

Quand on constate la force et l’énergie de ces mineurs, tout au fond de leurs boyaux, leurs conditions de vie et surtout l’acceptation de leur sort, à l’instar de ces combattants qu’on envoyait en masse au carnage, à l’assaut de la tranchée adverse au début de notre siècle. Qu’on écoute les témoignages de ces « anciens » qui malgré leurs engagements « politiques » mettent toujours en avant « HONNEUR, TRADITIONS et VALEURS … du travail BIEN FAIT » on en vient à s’interroger sur nos solides origines rurales, ces conflits désormais impossibles et le refus, justifié ou non, de certaines jeunes générations à opposer sueur et argent, réveil matinal et plaisirs, efforts et gratifications ! Ces Français les plus humbles, comme les autres couches sociales, possédaient règles et courage... Qu’en est-il désormais ?

Il y a quelques mois je me suis passionné pour un aspect similaire en Normandie à travers l’exploitation des mines de fer et de la Métallurgie. J’y ai retrouvé les mêmes ingrédients et les mêmes « maladies » !
Cette étude qui concernait « L’INDUSTRIE DU FER EN NORMANDIE » m’a appris beaucoup de choses et notamment au plan social !

Pendant des années, plusieurs « France « s » ont vécu l’une à côté de l’autre sans jamais s’agresser mais désormais, ce temps n’est plus et nos contemporains, même les plus effacés, ne veulent plus admettre les disparités et les abus !

Alors ! Il convient de faire attention, les urnes s’agitent, les générations contestent et les nuages s’amoncellent !


Une tempête est-elle annoncée ? En tous cas, le changement de climat est programmé, il serait bon de se préparer à affronter l’avenir !

Gérard ROGER.

dimanche 22 janvier 2017

                                                    LE PAYS « DES QUATRE VALLEES » !

A l’heure où l’intercommunalité fait preuve de son inculture et de la pauvreté de son imagination, je voudrais signaler qu’en Normandie occidentale les cours d’eau ont joué un rôle primordial dans le développement et parfois l’enrichissement de la contrée.

C’est par les fleuves et les rivières que les Vikings ont pénétré dans nos campagnes. C’est auprès d’eux, dans ses clairières, qu’ils ont créés ou développés des bourgs et des hameaux.

Ces voies d’eau ont ensuite permis d’irriguer les terres fraîchement défrichées pour y faire pousser le blé, l’orge et les autres graminées, étanché la soif des animaux avant de faciliter le transport des marchandises, le fonctionnement des moulins puis des forges sans parler des premiers ateliers.

·        Situation
Bordé au nord par le département du Calvados, au sud par les Campagnes de Sées et d’Alençon, à l’ouest par le Bocage ornais et à l’est par le Pays d’Ouche, le « Pays des Quatre Vallées » est encadré par deux fleuves : l’ORNE et la TOUQUES dont les noms évoquent à eux-seuls les grandes heures de l’Histoire de la Province depuis ses origines mais aussi son glorieux passé au plan économique.

L’ORNE qui a donné cette appellation à notre département et se jette dans La Manche près de Ouistreham, après avoir arrosé ARGENTAN puis CAEN, capitale régionale, est né dans les gorges profondes de la Suisse Normande tandis que la TOUQUES a creusé son lit dans la vallée d’Auge, irigant un pays de cocagne encaissé, « figure de proue du drakkar normand », réputé pour sa végétation luxuriante et sa gastronomie, avant de se jeter dans la mer entre les stations balnéaires renommées de DEAUVILLE et TROUVILLE.

Au cœur de cette contrée, entre les deux fleuves, s’écoulent paisiblement deux autre cours d’eau.
Ces voies d’eau, qui traversent les agglomérations de VIMOUTIERS et de TRUN, au cœur du PAYS DES QUATRE VALLEES, portent des dénominations de déesses, l’une d’origine scandinave, qui rappelle la prise de possession de ce territoire par les Vikings dès le XIe siècle, l’autre romain fixant le souvenir de l’implantation des légions de César dans la plaine de TRUN-ARGENTAN-EXMES et l’exploitation de grands domaines agricoles dès le début de notre ère.
·        Géographie
Appartenant au même Bassin Parisien, LE PAYS DES QUATRE VALLEES est constitué de quatre régions naturelles complémentaires et commerçant ensemble depuis d’Antiquité.

-        LE SUD PAYS D’AUGE au nord avec VIMOUTIERS et GACE pour principales cités.

Le Pays d’Auge ornais correspond parfaitement à l’image d’Epinal que les « horsains »se font de la Normandie traditionnelle. Tous les éléments constitutifs du décor sont réunis : les vertes collines où s’étagent de généreux pommiers, poiriers, cerisiers et autres arbres fruitiers ; les larges et luxuriantes vallées (dont la forme en « U »a donné son nom au Pays) où paissent de pacifiques ruminants et serpentent les cours d’eau rieurs et poissonniers.
 Entre DIVES et TOUQUES, les paysages qui ont inspiré les plus grands artistes impressionnistes offrent de belles et vives couleurs, rehaussées par celles d’un habitat raffiné : maisons basses à pans de bois, églises aux clochers élancés et manoirs couverts de tuiles rose « saumon »…
C’est le paradis de la douceur de vivre par excellence, du bien manger, du bien boire mais aussi le « royaume du lait » !

-        LE PLATEAU DU SAP dans le prolongement, à l’est, est une enclave du PAYS D’OUCHE. Cette région de tradition, si chère au Vicomte de La Varende, aux forêts sombres et centenaires qui a été aussi célébré par la Comtesse de Ségur.

Le Plateau du Sap est un terroir au relief contrasté, le pays des sous-bois épais, des vertes prairies, des points d’eau et des étangs. Son sous-sol est riche en fer et la présence de minerai, lié à l’abondance  de l’eau et du bois ont été à l’origine d’une industrie jadis prospère !

-        LE PAYS D’EXMES ou HIESMOIS
Autrefois région réputée, elle a même été une « province » à part entière et a compté un Evêché !

Désormais « micro région », délimitée à l’ouest par la Forêt de Gouffern (prisée par les souverains anglais et français) et à l’est par la noble Forêt de Saint-Evroult, le Pays d’Exmes fait la transition entre le Pays d’Auge et la Campagne d’Argentan (appelée « Pays d’Argentan » par Xavier Rousseau).

Sa partie nord, qui s'étale jusqu'aux limites de la cité d’Exmes, s’identifie au Pays d’Auge à tous égards alors qu’au sud l’Hiesmois s’intègre parfaitement à la grande plaine normande qui s’étend de la mer aux frontières du Maine.
Il s’agit d’une région au riche passé deux fois millénaire. Ce territoire connait une réputation universelle grâce au fleuron de l’élevage équin… et bovin ( c’est dans la « vacherie » qu’est née la « vache normande ») qu’est le HARAS DU PIN !

  LA PLAINE DE TRUN ET D’ARGENTAN

Il s’agit d’une partie intégrante de « la grande plaine bas-normande » qui va du Bessin à Alençon, la Campagne d’Argentan est une plaine bien abritée au plan climatique et bien arrosée par l’Orne ce qui donne à ses terres (qui terminent le Pays d’Auge) une richesse inégalable exploitée pour les labours et pour l’élevage.

·        LES ACTIVITES

-        L’AGRICULTURE est l’activité la plus ancienne de cette région.
Si le Pays d’Auge et le Plateau du Sap sont réputés pour leurs productions de qualité (bêtes de viande,lait, crème, fromages, pommes, cidres et calvados…) la Plaine d’Argentan, qui est la continuation de l’immense campagne de Caen est connue pour ses productions de céréales et comme terre de prédilection pour l’élevage des MEILLEURS CHEVAUX DE COURSE DU MONDE.

-        Au plan INDUSTRIEL, le pays porte dans ses gènes des SAVOIR-FAIRE ancestraux :
-        Les Tanneries à Argentan,
-        La Fabrication des toiles de chanvre et de lin dans la région de Vimoutiers (17.500 personnes travaillaient la toile dans ce secteur au XVIIIe siècle). L’industrie textile fut particulièrement florissante du XVIIIe siècle jusque dans les années 1950. La « Toile de Vimoutiers » conquit le monde par sa qualité et sa finesse « incomparables » !
-        La Fabrication de dentelles à Argentan,
-        La métallurgie plus précisément dans les secteurs de Pontchardon et de Le Sap , depuis l’époque gauloise.
-        Plus récemment d’importantes fromageries (Vimoutiers, Chambois, Camembert) de nombreuses cidreries et distilleries (Vimoutiers, Gacé) ont prospéré dans les environs.

·        GRANDS HOMMES
-        ROLAND ARMONTEL (1904/1980) – Comédien né à Vimoutiers.
-        PIERRE AUBERT : né à Vimoutiers au XVIe siècle. Il inventa un métier à tisser les toiles de lin.
-        MARQUIS D’AVERNES : né et mort (1818) à Avernes-Saint-Gourgon. Il fut Lieutenant Général du Royaume et Président du Conseil Général de l’Orne.
-        MARIE-ANNE-CHARLOTTE DE CORDAY D’ARMONT (1768/1793) : dite « Charlotte Corday ». L’ « Ange de l’assassinat », petite-fille du tragédien CORNEILLE, est née dans la commune des CHAMPEAUX-EN-AUGE, dans le canton de Vimoutiers. Elle a trucidé Marat avant d’être guillotinée à Paris en juillet 1793.
-        PAUL CRETON : né à Vimoutiers en 1610. Il inventa les fameuses « toiles cretonnes » !
-        MARQUIS DE SAINTE-CROIX D’ECORCHES : aide de camp du Maréchal Berthier.
-        MARIE HAREL (1761-1844) : Née à Crouttes et décédée à Vimoutiers après avoir vécue à Neauphes-Sur-Dives.
Créatrice du fromage de Camembert. Célébrée par les Américains comme « Bienfaitrice de l’Humanité ».
-        PAUL HAREL : (1854 :1927)- Poète-Aubergiste d’Echauffour né à Vimoutiers.
-        JEAN II DE VALOIS (1425/1467) né à Argentan, premier Duc d’Alençon, compagnon de Jeanne d’Arc et le surnommait « son petit duc ».
-        LOUIS HEBERT : né à Crouttes, dans le canton de Vimoutiers, confesseur de Louis XVI.
-        JOSEPH LANIEL (1889-1975) ancien député et Président du Conseil. Membre-fondateur du Conseil National de la Résistance.
Descendant d’une famille de blanchisseurs originaires de Lisores et devenus d’importants industriels ayant repris la fabrication de la « Toile de Vimoutiers ». Joseph LANIEL est né à Vimoutiers.
-        FERNAND LEGER (1881-1955) Peintre, céramiste né à Argentan.
-        ETIENNE DE LESSARD (1623/1703) né à Chambois. Il enseigna en Nouvelle-France (Québec) et fut à l’origine de la branche canadienne des Lessard qui compte aujourd’hui des milliers de membres.
-        DOCTEUR MARESCOT : né à Vimoutiers en 1539. Recteur de l’Université de Paris et médecin particulier du Roi Henri IV.
-        MATHILDE L’EMPERESSE : fille d’Henri 1er dit « Beau Clerc », roi d’Angleterre et duc de Normandie, petite-fille de Guillaume 1er. Veuve de l’empereur d’Allemagne, elle vécut à Argentan dont elle fut nommée comtesse.
-        FRANCIS EUDES DE MEZERAY (1610/1683) Historien, académicien né à RI prés d’Argentan.
-        ROGER DE MONTGOMMERY : né aux environs de Vimoutiers, compagnon de Guillaume dit « Le Bâtard », Vicomte d’Hiesmois, il devint, après la conquête de l’Angleterre, Comte de Chichester et d’Arundel, comte de Shrewsbury et de Pembroke. L’un de ses illustres descendants fut le Maréchal Montgomery qui fut commandant des troupes terrestres alliées pendant la dernière guerre.
-        LOUIS-GUILLAUME PERRIGOT : ancien élève de l’Ecole Centrale, industriel, un temps directeur de la célèbre Papeterie d’Arches, dans les Vosges. Nommé par Napoléon III, il resta durant toute son existence attaché au département de l’Orne et plus particulièrement à la commune d’Ecorches dans le canton de Trun où il était né. Il y possédait une propriété. Il fut accessoirement à l’origine du premier « code de la route » !
-        MARGUERITE DE VALOIS (1492/1549) d’Angoulême, d’Alençon et de Navarre, épouse du Duc Charles IV d’Alençon et sœur aimée de François 1er qu’elle recevra plusieurs fois avec sa cour en son château d’Argentan.
-        GUSTAVE LE VAVASSEUR (1819/1896) un des maîtres de la poésie normande, né à Argentan.

·        VILLES ET COMMUNES
-        ARGENTAN : Capitale du « Pays des 4 vallées ». La cité est aujourd’hui un important centre agricole, artisanal, commercial et industriel. Sa population a plus que doublé depuis la fin de la dernière guerre.
« Argentariae »que l’on peut traduire par « le lieu où l’on fabrique la monnaie » fut sans doute le premier nom donnée à l’agglomération par les Romains.
-        CAMEMBERT : patrie de la pâte fermentée qui porte son nom. Le village de Camembert est « le plus célèbre village de France ». Situé à flanc de colline, dominant une large vallée typique du Pays d’Auge, le village doit sa renommée universelle à une humble et géniale fermière qui au XVIIIe siècle mit au point la recette du « Roi des fromages » : le                CAMEMBERT !
-        EXMES : ancienne cité gallo-romaine. Capitale de l’Hiesmois. Comment imaginer que ce petit chef-lieu de canton – le plus petit de l’Orne ! – fut une importante place forte puis cité à l’époque romaine et au Moyen-âge une puissante capitale. Jadis fortifié le paisible bourg d’Exmes est situé au cœur d’une riche région d’élevage de pur-sang et de trotteurs.
Dans son ouvrage intitulé « La Guerre des Gaules », Jules CESAR fait mention des Esuviens qui constituaient en ce lieu une puissante tribu. Ayant imposé, peu avant le début de notre ère la « PAX ROMANA » à toute la contrée, les Romains s’installèrent sur le site, y établirent des sites militaires, organisèrent administrativement les secteurs et créèrent des voies de pénétration tout en développant de grands domaines La cité commandait les communications de la majeure partie de l’Armorique avec le nord et l’est de la Gaule. On sait que les camps dits « de César »ont été identifiés à Bierre, Montabard, Sainte-Eugénie, La Cambe… Exmes fut plus tard siège d’un évêché ! Guillaume reprit cette idée romaine en fortifiant son duché occidental à EXMES, ARGENTAN, FALAISE et CAEN…

-        GACE : Située sur l’axe routier Calais-Bayonne ! Gacé est une cité commerçante et animée. C’est autour de son château que se sont déroulés les grands évènements de l’histoire Gacéenne. En l’an 50 après J.C. la cité naissante fut assiégée par les Romains. En 1050, Raoul dit « Tête d’Ane », tuteur de Guillaume 1er devint Seigneur de Gacé ! Au XVIe siècle le château deviendra la propriété de la célèbre famille de Matignon.
-        Deux siècles plus tard, l’historien de La Sicotière écrivait : « Gacé est l’un des endroits les plus agréables de Normandie et on y fait beaucoup d’affaires et on s’y amuse à l’avenant, ce qui tranche quelque peu avec les maints autres lieux de l’Orne où l’on ne sait rien faire et où l’on s’ennuie au mieux… »
-        LE SAP : La ville tire son nom du SAPIN (« Sappus » au XIe siècle), arbre rare de l’immense forêt d’Auge qui recouvrait jadis la contrée. La présence de ces résineux, vénérés par les druides a contribué à faire de ce site un important sanctuaire à l’époque celte. La richesse du sol environnant en minerai de fer a fait de ce plateau, dès cette époque, un centre industriel majeur que les Romains ont considérablement développé. Au XVIe siècle, LE SAP comptait plus de 5.000 habitants… et 800 forges y fonctionnaient !

-        TRUN : Ville aux traditions marchandes millénaires. Trun est un gros bourg sis sur les rives de La Dives aux marches du Pays d’Auge. Les dolmens, menhirs, pierres levées, nombreuses dans les environs, sont autant de témoins du peuplement fort ancien de la vallée de La Dives. Près d’une source sacrée, se dressait un énorme bloc de grès blanc. Autour de lui se réunissaient les habitants du pays. Les celtes y célébraient leur culte. Les Romains qui occupaient le secteur lui avait donné le nom de « TRUNUUM » ou « TRUTINUM ».

-        VIMOUTIERS : célébrée et reconnue comme la CAPITALE NORMANDE DES PRODUITS DE LA TABLE (Fromages, beurres, cidres, calvados…)il s’agit d’une cité millénaire blottie au cœur de l’une des plus belles vallées d’Auge où coule sans se presser « La Vie », rivière qui a donné son nom divin à la bourgade naissante, appellation justifiée pour ce joli petit coin de paradis où la pomme est reine et « cause de tout » comme dans la Bible. Mais, contrairement au Jardin d’Eden, comme se plaisent à dire les gens du cru : « LA POMME A FAIT LE MALHEUR DE L’HOMME MAIS LA RICHESSE DES NORMANDS ! »


L’agglomération est enserrée par de hautes et vertes collines sur les pentes desquelles s’étagent d’innombrables pommiers. La ville a joué durant plusieurs décennies un rôle primordial dans la promotion, le commerce, la diffusion des spécialités gastronomiques qui ont fait son renom !

·        CONCLUSION
La diversité géographique, les diverses compétences acquises au fil des siècles par sa population aux plans agricole puis industriel doivent être considérés non  pas comme un handicap mais comme une richesse, une chance qui, au carrefour des grands axes de circulation venant du nord, de l’ouest, du sud ou de l’est permettra au PAYS DES QUATRE VALLEES, s’il consent à s’unir, d’affirmer ses vocations naturelles avec le renfort de marques et de produits prestigieux universellement connus et appréciés comme LE CAMEMBERT, LES CIDRES ET CALVADOS ou encore LE CHEVAL !
Alors ce pays pourra devenir, aux niveaux touristique, de l’élevage, de l’industrie agroalimentaire, des services, l’un des pôles majeurs du développement normand !

               Gérard ROGER.







samedi 21 janvier 2017

      AUTORITE ET DEMOCRATIE RESTENT LES « MAMELLES » DE LA NORMANDIE !

Le débat concernant les « Primaires de la Gauche » m’a fait réagir !

Un officier arborant 5 étoiles à son képi constellé de feuilles de chêne m’a un jour proposé de tenir devant les membres du renommé « Conseil de guerre » une causerie sur les liens entre GUILLAUME dit « LE BÂTARD », NAPOLEON et CHARLES de GAULLE.

Ces trois grandes figures de notre histoire ont en effet des aspects communs !

Si deux d’entre eux sont d’origine normande, le troisième personnage (dont le régime fut extraordinairement soutenu par le peuple normand et notamment celui de son neveu : le second Empire!) sont les champions de l’AUTORITE et de la DEMOCRATIE et les PERES FONDATEURS DE L’EUROPE !

Des valeurs essentielles à l’heure où nous vivons et qui ont été léguées pour l’essentiel par les « Northmen » !

Je n’ai pas eu besoin de lire les ouvrages du Professeur REMOND pour comprendre leur apport dans notre société. J’ai grandi baigné dans leur enseignement et me flatte d’appartenir à cette lignée « Bonapartiste » du Pays d’Argentan (dont je connais de nombreux descendants !) et qui fut jadis très vivace et sous laquelle la région a connu son plus grand développement !

Certes tout n’est pas à retenir dans le bilan de cette époque mais les fondamentaux sont là et je m’honore d’avoir hérité des résolutions républicaines et laïques de mes aïeux qui ont peuplé  et dynamisé la terre d’Argentan depuis plus de 5 siècles !


Comme mes exemples déjà cités, je suis favorable à un régime fort mais avant tout à la LIBERTE apportée sur nos côtes par des MIGRANTS qui s’appelaient HARALD ou OLAF !





Gérard ROGER.

vendredi 7 octobre 2016

DIEX AIE !...

La DEMOCRATIE et l’AUTORITE sont les deux valeurs essentielles des Normands depuis le débarquement des Vikings sur leurs côtes ! Je dirai en référence à la race bovine normande: « les deux mamelles de la Province ! »

Ces deux résolutions peuvent pourtant sembler contradictoires mais elles se sont bien mixées et cette vieille recette normande a même été à l’origine du plus puissant empire mondial : le domaine anglo-normand dont les traces et les institutions sont encore visibles et influentes… même s’il veut parfois donner des leçons à ses fondateurs !

A une époque, un officier supérieur voulait que je fasse une conférence à l’Ecole de Guerre sur les ressemblances entre les visions de Guillaume dit « Le Bâtard » et Charles de Gaulle ! (Il est vrai que la famille de Gaulle était originaire de Normandie !)

Les Normands ont suivi Guillaume (le fondateur de la « Normandie moderne ») comme ils ont pris parti pour Napoléon (avec une légère préférence pour le n°3 de la dynastie singulièrement dans l’Orne!) et qu’ils ont rejoints en grand nombre le fondateur de la Ve République !

De tout temps, les « Nothmen »ont été des « rebelles respectueux » attachés à une « certaine idée du pouvoir » et de la sécurité dans une société largement ouverte… symbole de sa réussite !

A la fin de la première Guerre Mondiale, FOCH disait en substance : « Je peux être tranquille car les Normands sont là ! » et pour être complet il se félicitait également (pour les mêmes raisons !) de la présence d’autres « fils de la mer » : les Bretons !

A l’époque des PLANTAGENÊT Bordeaux était normande et sa Duchesse : ALIEONOR avait épousé le Duc de Normandie, Roi d’Angleterre et résidait pour partie à … ARGENTAN ! Richard CŒUR DE LION était le fils de cette bordelaise !

Bref ! Tout cela pour vous dire que j’ai regardé jeudi soir sur France 2 avec un plaisir non dissimulé l’émission politique proposée sur Alain JUPPE .

En tant que gaulliste historique (même si je n’ai pas toujours été d’accord avec le parcours de certains « godillots »( surtout après le départ du général) et si je m’arrête avant la plupart d’entre eux … je commence par contre bien avant eux !) !) enfin je dois vous avouer que j’ai vibré à l’écoute de certains mots comme je n’avais pas frissonné depuis plusieurs années !

Personnellement, je pense que mon choix est fait ! L’espoir reprend substance ! Juppé n’est pas le sauveur mais il est le meilleur candidat à cette élection 2017 !



P.S. Je ne me permettrai pas de commentaires concernant les « journalistes » qui conduisaient cette soirée et qui sont plus des animateurs que des professionnels … et notamment Léa SALAME qui une fois encore a dit des « incongruités » !

mercredi 28 septembre 2016

                                                   POURQUOI LA SALLE « ARMONTEL » ?


Paris-Première diffusait mardi soir le film « NI VU, NI CONNU » qui date de 1958, comédie réalisée par Yves ROBERT et qui met en scène de talentueux acteurs et notamment Pierre MONDY, Robert HIRSCH Louis de FUNES et … ARMONTEL !

Celui-ci jouait le rôle du père de la jeune fille !

Comme c’était courant à l’époque, en décembre 1901, une troupe de théâtre avait monté son chapiteau ambulant sur la Place Cour aux Moines (actuelle Place Mackau) pour une série de représentations. (Cela dura jusqu’à la dernière guerre !)

Le plus grand des hasards voulut qu’une comédienne fut enceinte et le 21 décembre naquit dans une roulotte à VIMOUTIERS Roland ARMONTEL (qui s’appelait en fait Auguste-Louis MAGRIN), originaire d’une famille d’artistes parisiens.

Très précoce, il interpréta son premier rôle quelques jours plus tard en incarnant, dans un berceau, l’enfant Jésus lors de la traditionnelle messe de minuit en l’église Notre-Dame !

Pendant sa longue carrière, il fut un excellent « second rôle » au cinéma mais surtout au théâtre.
Après VIMOUTIERS, sa carrière rebondit et il figura aux côtés de Max LINDER.

Il s’illustra dans de nombreuses pièces de boulevard et en particulier dans « LES GAIETES DE L’ESCADRON » en 1932 et joua dans plus de 80 films entre les années d’avant-guerre et 1979 !

On a pu le voir aux côtés des plus grands mais aussi à la télévision où en plus d’innombrables séries il fut l’une des vedettes incontournables du « Théâtre ce soir » de Pierre SABBAGH.

Il fut également metteur en scène dans plusieurs créations.

Sa « gueule » et son talent avaient bâti sa célébrité !

Il mourut à Paris le 8 mars 1980 et fut inhumé dans le cimetière d’Asnières en région parisienne. Il avait 78 ans !

Quelques années après sa mort, sa veuve vint à Vimoutiers et fut reçu par Me Dumeige. Le Maire de l’époque baptisa la salle des fêtes : « SALLE ARMONTEL » L’épouse de ce grand comédien offrit à la ville les nouvelles chaises de la salle.


Gérard ROGER

vendredi 9 septembre 2016


             Un nouvel épisode de la « Guerre des Fromages » a de nouveau frappé en Normandie !


Dans la maternité où j’ai vu le jour à Lisieux, une infirmière (qui était aussi une religieuse !) chantait à tue-tête, d’une voix de stentor pour m’endormir proclamait-elle! « Un régiment de fromages blancs, partait en guerre contre les camemberts… ! »

Etait-ce prémonitoire ?

Il faut dire que l’année précédente (il y a aujourd’hui 65 ans !) cette conflagration avait de manière féroce et brutale débutée lors d’un congrès fromager à Deauville. « Le Brie attaquait le camembert ! » titraient les journaux pendant que certains « spécialistes » prétendaient (on l’affirme toujours)  que le religieux qui « avait aidé » Marie Harel de ses judicieux conseils dans la confection du premier «  fromage de Camembert» arrivait de cette partie orientale du Bassin Parisien, universellement connue pour la production d’hommes politiques et  d’une célèbre pâte molle ! 
Il était alors question de refuser la première place au camembert … et dans le pire des cas d’offrir la paternité du nouveau fromage… au brie !
Ce n’est pas la première fois qu’on modifiait l’Histoire mais ces allégations sont fausses car le camembert existait déjà en 1705 ( conf. Le livre de Thomas CORNEILLE) et si ce clerc a bien existé, il est désormais établi qu’il venait des rives de La Seine (il était donc Normand !) et pour donner une croute au « fromage de Madame Harel » il s’est inspiré de la recette du neuchâtel (qui est le plus ancien fromage normand !)

Le « général GAVIN », Maire de Vimoutiers prenait alors intelligemment la tête des troupes renforcées par un syndicat de producteurs normands unis et déterminé ! L’offensive fut payante !

A peine la victoire célébrée qu’une autre bataille, opposant cette fois-ci ces mêmes façonniers normands aux puissants fabricants de « CAMEMBERT CHEESE » américain, voyait le jour ! Malgré la disproportion des moyens, les Normands sortirent (une nouvelle fois), vainqueurs de ce conflit !

 Le Président du Syndicat des Fabricants de Camemberts Normands en rajouta même une couche (peut-être une louche entière?) en affirmant : « Leur fromage est certainement très bon… mais ça n’est pas du camembert … Pourquoi ne pas en ôter la chlorophylle qui fait son charme?» Tout semblait dit !

Le Dr GAVIN préféra inaugurer la statue offerte par les Américains en 1954 à l’intérieur de la Halle «  pour éviter que les fabricants normands ne lui pissent dessus ! » comme il en avait reçu la menace !

Quelques années plus tard, de l’élection d’un nouveau maire naquit un désaccord, style « guérilla », qui fit beaucoup de mal et de dégâts, surtout au plan économique, entre Vimoutiers et Camembert.

Cet antagoniste larvé, fait de « terre brûlé » dura plusieurs décennies et dans cette rivalité opposant les notables de ce chef-lieu de canton à « la grenouille qui voulait paraître aussi grosse que le bœuf » 

ce fut l’occasion de précipiter le déclin du sud du Pays d’Auge à la grande satisfaction d’un fabricant d’une région proche et de voisins envieux qui n’admettaient pas au fond que la commune de Camembert fut située par les Révolutionnaires dans l’Orne et n’ont toujours pas reconnu la partie ornaise du Pays d’Auge et de la Normandie( « Le trou du cul de la province »…) … et pourtant Sainte Thérèse, Charlotte CORDAY, Marie DUPLESSIS (dite la « Dame aux Camélias » et Marie HAREL sont originaires de l’Orne comme la bataille finale d’août 1944 s’est déroulée dans ce département et non pas autour de Falaise !! Ce sont des faits … mais non convenus !

 François BESNIER annula de ce fait un projet ambitieux (qu’il réalisa pour partie à Laval) entre Vimoutiers et CAMEMBERT ! Pernod-Ricard, nouveau propriétaire des Ets ANEE fit de même … ! Dommage pour l’essor et l’emploi !

Sur d’autres fronts, il fallut durant ce temps se défendre et notamment répondre à un projet de création de confrérie du camembert venant du sud et du département voisin dans les années 1980.

Comme si cela ne suffisait pas, un nouveau front s’ouvrit dans d’autres villes voisines ou à grands coups de subventions (alors qu’aucun subside n’était alloué au Musée du camembert !) on créa le CONSERVATOIRE DES TRADITIONS FROMAGERES ! La fin fut triste notamment au plan financier !

Profitant d’un nouvel affaiblissement de VIMOUTIERS, des manifestations inspirées par Vimoutiers (et notamment les « fêtes aux pommes ») d’une division et de la démotivation des combattants, une nouvelle ligne sournoise s’est ouverte récemment et le rôle joué par un « fromage que l’on croyait ami » nous désole ! Comme je l’ai écrit, cette arrivée de la course cycliste PARIS-CAMEMBERT à LIVAROT est un coup de poignard dans le dos («  TU QUOQUE FILLII ? » !)

Comment réagiront les Camembertois ? Je suis impatient de le savoir !

Cela va-t-il contribuer à vider encore Vimoutiers de ses forces vives ?

Je comprends que Marie HAREL ait quitté le lieu de ses exploits pour s’installer, loin du tumulte, avec son mari, dans une petite exploitation de NEAUPHES-SUR-DIVES ! Nous avons-nous-même donnés les verges qui nous ont battus !


Gérard-Charles ROGER-GERVAIS.

jeudi 8 septembre 2016

                                                          VIMOUTIERS « IN CAMEMBERTO VERITAS » !

Depuis plus de vingt ans que j’ai quitté VIMOUTIERS j’ai réussi à enfin couper le cordon ombilical qui me reliait à cette cité pour laquelle je me suis dévoué en l’absence de toute raison et de tout entendement !
Chaque offensive menée contre cette ville, qui me reste chère malgré tout, continue à me frapper de plein fouet aussi je refuse désormais, pour de simples questions de santé, à suivre attentivement dans la presse la vie locale des vimoutiotes.
Mais, malheureusement ou heureuseument, les réseaux sociaux me ramènent parfois à de tristes réalités, évidences qui me touchent comme la décroissance du rôle attractif de l’ancien « joyau du Pays d’Auge » à travers l’emploi et la population… deux chiffres qui sont liés… comme est attaché celui de la volonté qui était inébranlable jadis!
J’étais ce lundi sur la place de Mackau et j’étais immensément triste quand je me suis rappelé, enfant, l’intense activité du marché de Vimoutiers, le plus ancien de la région puisqu’il a été fondé au XIe siècle !
Je me suis souvenu de l’animation pétillante de ce rendez-vous hebdomadaire qui emplissait les rues du centre-ville et rappelait aux citadins l’importante de l’agriculture dans ce pays de cocagne!
Je me rappelle de ces innombrables carrioles qui étaient entreposées dans la cour située près de l’église Notre-Dame, de ces camions immenses venus du Nord de la France ou de Belgique qui s’agglutinaient autour de la Halle au Beurre (ancienne Halle aux Toiles… aujourd’hui « Médiathèque » !) qui voyait passer dans des paniers d’osier des tonnes de beurre fermier faisant de cette agglomération la capitale normande de ce produit de grande qualité !
Mes parents qui tenaient rue du Moulin un commerce alimentaire, me précisaient que leur recette du jour était équivalente à leurs revenus de la semaine et ce, pour une large part, grâce aux paysans !
Vimoutiers était alors la ville phare des produits normands de qualité et l’avenir souriait à cette ville enviée par ses voisines : c’était là qu’on faisait le meilleur fromage, les meilleurs bovins, les pommes les plus gouleyantes, le meilleur cidre de cru (Dois-je rappeler que le premier « cidre bouché »a été mis en bouteille à Vimoutiers !).
Jean Boullard , les docteurs DENTU et GAVIN figuraient parmi les porte-paroles de cet essor économique. Dois-je mentionner que jusqu’en 1965 le concours de cidres et calvados le plus réputé de France, avant le concours agricole de Paris, était celui de Vimoutiers ?
Mes narines se remémorent qu’à l’automne un nuage de vapeurs de cidre et de calvados, émanant des Ets ANEE flottait au-dessus de la localité procurant de plus des emplois à de nombreux habitants qui au fil du temps avaient acquis un savoir-faire inappréciable !
Comme disait le poète : « Cet heureux temps n’est plus ! » et je pense qu’il ne reviendra pas !
La décision de laisser se déplacer l’arrivée de la course cycliste PARIS-CAMEMBERT à Livarot est un coup d’épée à la gloire passée, une estafilade qui porte un préjudice majeur à l’image de VIMOUTIERS. Car, plus qu’un simple problème de gros sous, c’est une atteinte à l’identité même de VIMOUTIERS, à son passé qui apparemment n’intéresse plus personne !
Que diraient les fondateurs de cette épreuve (qui a beaucoup fait pour la reconnaissance internationale de Vimoutiers) s’ils revenaient aujourd’hui ?
LES CREATIONS DU VELO-CLUB VIMONASTERIEN ET DE PARIS-CAMEMBERT !
Le V.C.V. (Vélo Club Vimonastérien) a été fondé en 1932 par M.LEVEILLE, qui en a été élu Président ! Il s’efforça d’organiser l’association et organiser des courses qui firent très vite le renom de Vimoutiers.
Il fut malheureusement victime d’un grave accident en 1933 et fut tué sur le coup !
L’année suivante, Monsieur BERNARD-ETIENNE qui tenait un magasin de tissus et vêtements, prit la relève et mit sur pied, avec l’aide de nombreux Vimonastériens le 1er PARIS-VIMOUTIERS dans le but principal de « faire connaitre les excellents produits du Pays d’Auge et notamment les marques des sponsors de la course ainsi que les prouesses des sportifs. Cette première épreuve fut remportée par THIETARD.
En 1935, la deuxième épreuve fut gagnée par BAT qui venait de franchir en vainqueur la ligne d’arrivée du Tour de Roumanie.
En 1936, la course était fixée le mardi de Pâques et prenait le nom de « PARIS-CAMEMBERT » !
Elle permettait à la Foire de Vimoutiers de connaître un important succès populaire le 4e jour de liesse !
L’année du FR0NT POPULAIRE, l’épreuve était remportée par le Normand Yvon MARIE !
En 1937, le mardi de Pâques, la course était gagnée par AUVILLE.
L’année suivante, l’épreuve était remportée par Jean-Marie GOASMAT et en 1939, ce fut le Breton CLOAREC !
La guerre stoppa les courses cyclistes et la compétition ne reprit qu’en 1946 dans un Vimoutiers détruit de par la volonté de M.GAVIN qui était devenu Maire.
1946 : 1er : Paul NERRI
1947 : 1er : DORGEBRAY…
Mais l’action du V.C.V. qui fut ensuite dissocié de l’organisation de la course professionnelle PARIS-CAMEMBERT ne s’arrête pas là ! De nombreuses épreuves régionales furent montées dont les plus célèbres restent le CIRCUIT DU PAYS D’AUGE qui se courrait en 3 étapes !
On doit aussi citer les GRAND PRIX DU CAMEMBERT auxquels participèrent les meilleurs nationaux (1943 : COSSON et 1944 : DE MUER)
On disait à l’époque que « VIMOUTIERS POUVAIT SE FLATTER D’ AVOIR ATTIRE LES MEILLEURS COUREURS »
Une pensée émue pour les derniers Présidents et notamment MM. Bernard LECUYER et J.P.MORON !

lundi 1 août 2016

                         « LIBERATION » d’ARGENTAN : un sujet qui suscite bien des polémiques !

Il y a 70 ans, les habitants d’ARGENTAN ont été les victimes innocentes de la rivalité entre les troupes anglaises (commandées par Montgomery) et la IIIe Armée américaine (commandée par PATTON).
En effet, il était prévu que MONTY libère Argentan et ferme la « Poche de Falaise » mais les blindés et les unités « SS » Allemands ont en voulus autrement. Ils l’ont d’abord bloqué à Caen puis l’ont retardé sur la route vers Argentan si bien qu’il n’a pu tenir ses engagements.
Patton et ses troupes américaines sous les ordres desquelles était placée la 2e D.B. française du Général LECLERC avaient quelques jours d’avances sur l’horaire et auraient très bien pu se charger de ces deux tâches, ce qui aurait évité bien des morts et des ennuis...dans les Ardennes !
Mais, Montgomery, chef allié des troupes au sol, était irascible… et mauvais stratège. Comme le savaient Eisenhower et Bradley depuis le fâcheux incident de Messine, il ne fallait pas lui déplaire alors on faisait tout pour le caresser dans le sens du poil. Patton savait ce que son zèle risquait de lui couter !
Le général MASSU, avec lequel j’ai eu la chance de m’entretenir en 1984, m’a confirmé que les Américains avaient donné aux Français Libres un ordre précis : NE PAS FRANCHIR L’ORNE !
Ceci explique cela… et notamment les « approches » des Rochambelles dans Argentan !
Massu, comme les autres combattants français, ont assisté à la prise de Montormel , impuissants sur les hauteurs adverses.
Comme l’a écrit Eddy FLORENTIN dans son livre « STALINGRAD EN NORMANDIE », jamais une ville normande n’a connu de tels dégâts par explosifs et des combats qui ont duré si longtemps. La libération de la ville d’ARGENTAN n’était visiblement pas l’objectif des troupes alliées. Certains se souciaient peu des civils et du patrimoine normand.
Mes parents qui furent sinistrés en 1944 m’ont raconté la fin de la guerre et je n’accepterais jamais que l’on travestisse la vérité sous des motifs festifs.
Comme l’a dit François MOREL ( le héros délirant des DESCHIENS) au micro de France-Inter (je rappelle qu’il est originaire de Flers et plus précisément de Saint-Georges-des-Groseillers : « Quand on passe dans ce rues du 6 juin à Flers, à Condé-Sur-Noireau, à Argentan, à Lisieux, même à Caen, on ne devrait pas complètement oublier ceux qui ont trouvé la mort lors des bombardements alliés. Comment on fait pour se réjouir de la Libération quand on voit sa ville détruite, anéantie ? Comment on fait pour fêter la victoire quand on vient de perdre un ami, une sœur, un voisin ? Comment on fait son deuil quand le chagrin personnel vient s’entrechoquer avec la joie collective ?
Les rues du 6 juin, entre nous, sont des rues de la pudeur et des souffrances cachées, de la douleur, de la discrétion et de la retenue… »
Comme le disait en substance Victor HUGO : quand les grands témoins ou acteurs ont disparus, on « arrange » le passé !
Non, il n’y eut pas de « libération officielle » à Argentan et le 6 juin restera pour certains une journée de deuil !


Gérard ROGER.

mardi 28 juin 2016

                                                       A PROPOS DU « BREXIT » !
Extrait du livre publié en langue anglaise en 2003 sous la direction de Gérard ROGER aux Editions BERTOUT.

I – GUILLAUME DE NORMANDIE FONDE DES LIENS ENTRE LE CONTINENT ET LA « GRANDE ÎLE » !

En 1066, le 5 janvier, Edouard Le Confesseur, roi d’Angleterre, meurt à L
ondres sans postérité !
Oubliant les promesses faites à Guillaume (petit-fils du souverain) lors de son voyage en Normandie, son serment même, HAROLD se fait couronner le 6 à WESTMINSTER comme roi d’Angleterre. Il est béni par l’évêque STIGAN.
Informé de ce parjure  qui est pour les Normands une des fautes les plus graves !), se sentant trahi, Guillaume dit « Le Bâtard », proteste, tente de négocier… mais en vain !
S’assurant du concours de ses vassaux, non sans réticence de la part de certains seigneurs normands, il fait construire et réunit dans l’embouchure de la Dives une immense flotte rassemblant plus de 900 esnèques. Il regroupe également 40.000 combattants et 14.000 chevaux (c’est la première fois qu’on utilise vraiment la cavalerie dans un affrontement… les Anglais en sont dépourvus !). Fort de son bon droit  et de la force de ses troupes, il entend ainsi renforcer son domaine !
Le pape, qui reproche à la cour d’Angleterre de ne pas lui payer régulièrement le « denier de Saint-Pierre » lui adresse pour protéger son armée, l’étendard de Saint-Pierre, pavillon blanc marqué d’une croix rouge que le duc va déployer à l’avant de ses hommes.

Le 25 août 1066, Guillaume, qui se tient sur le pont de son navire amiral, « La Mora ,(construit à BARFLEUR) arrangue ses troupes, le drapeau papal hissé sur le mat à côté de ses armes. Il donne enfin l’ordre de lever l’ancre pour rallier Saint-Valery-Sur-Somme où il doit bénéficier de vents plus favorables.
En fait, Guillaume dont les services de renseignement fonctionnent parfaitement, apprend qu’un autre prétendant à la couronne d’Angleterre, vient de débarquer sur la côte Est du pays. Il s’agit du roi de Norvège : HARALD HARDRADA.
Celui-ci a pénétré dans l’embouchure de l’HUMBER avec succès. HAROLD GODWINSON, autre challenger, mobilise alors ses forces et profitant de l’imprudence du roi de Norvège, bat son Armée à STAMFORD. Harald est tué dans ces combats.
Alors qu’il se prépare déjà à s’installer sur le trône, Harold est averti, stupéfait, de la nouvelle de l’embarquement des troupes normandes  à l’aube du 26 septembre. Il apprend que Guillaume et ses troupes ont effectué la moitié de la traversée de la Manche.
A la vue des côtes anglaises, Guillaume fait stopper ses navires et les rassemble !
Au matin du 29 septembre, c’est le débarquement à PEVENSEY, sur les rives du SUSSEX ! Personne ne repousse les Normands qui créent une solide tête de pont. Il extrait de ses bateaux chevaliers, chevaux et matériels divers en toute tranquillité. Il fait construire des palissades en bois, se fortifie !
Descendant le dernier, Guillaume glisse et tombe de ton son long, le visage dans le sable. Ses soldats considèrent cette chute comme un mauvais présage. Mais le Duc, bon stratège mais aussi excellent communicateur, s’en rend compte et rétablit immédiatement la situation en s’écriant en substance : « Par la splendeur de Dieu ! Terre je te tiens entre mes mains et tant qu’il y en a, mes compagnons, elle est à vous ! »
En bon Normand, Guillaume n’incendie pas sa flotte qui repart en Normandie pour transporter de nouveaux combattants.
Epuisé après une marche forcée de 11 jours (je vous ai précisé que les Anglais ne connaissaient pas encore les bienfaits du cheval de guerre comme du cheval de sport !) Harold qui a renvoyé une partie de ses troupes et de ses bateaux se dirige vers le Sud.
Le 10 octobre, il arrive à Hastings et se réfugie sur la colline de SENLAC.
Guillaume fonce face à lui et le 14 octobre 1066, alors que se lève les premières lueurs du jour, après une longue nuit où les deux armées se sont tenues à quelques centaines de mètres l’une de l’autre, une terrible bataille se prépare !
Trois éléments composent l’armée de Guillaume : de chaque côté de chevaliers normands ont pris place des soldats des comtés de Boulogne et de Ponthieu ainsi que les engagés du Maine, de Poitou et de Bretagne.
Le Duc, monté sur un puissant cheval blanc, se tient à la tête de son armée ! Au cri de « DIEX AîE ! » (Dieu nous aide !) qui avait remplacé le cri de guerre des Vikings : « THOR AÏE ! », il charge à la tête de la cavalerie normande, debout sur ses étriers. Les troupes s’enfoncent en entonnant « La Chanson de Roland » !

Il faut trois assauts répétés à Guillaume pour venir à bout des hommes d’HAROLD, appuyés au pied de la colline. Le Duc est partout, la lourde épée à la main. Soudain, une flèche vient frapper Harold et le blesse mortellement (1).
Guillaume de Normandie a gagné la bataille !
Son premier geste est de se recueillir devant les 15.000 combattants tués dans son camp.
Au sommet de la colline, il fera construire en « roussier », pierre ferrugineuse de Normandie, une abbaye en leur mémoire : « The Battle Abbey ».
Puis, déterminé, le Duc gagne LONDRES en remontant par les bords de la mer. Il fortifie DOUVRES au passage. Les soldats normands traversent La Tamise à WALLINGFORD.

Le 25 décembre 1066, a lieu le couronnement en l’Abbaye de WESTIMSTER. Alors que Guillaume se tient au pied de l’autel, l’Archevêque d’York demande aux Anglais et par le biais d’Evêque de COUTANCES aux Normands s’ils consentent à reconnaitre Guillaume pour leur souverain légitime. L’ovation des Anglais est si forte que les Normands restés à l’extérieur croient à une trahison de dernière minute et se précipitent dans le sanctuaire.
Par son règne sur la « grande île », Guillaume fonde une nouvelle dynastie outre-Manche, avec la volonté d’unir (déjà !) les deux peuples sous la même loi !
Aujourd’hui encore, les armoiries de la reine d’Angleterre sont celles de la NORMANDIE !
Guillaume récompense les barons normands en les dotant de nombreux fiefs confisqués aux aristocrates ralliés à Harold. Ils deviennent la souche de la nouvelle noblesse anglaise : MONGOMERY ( qui perd un « M » au passage),CHAWORD, ROKELY… Hugues dit « Le Loup^ », vicomte d’Avranches devient Comte de Chester. Pour combattre les abus, Guillaume imposera, vingt ans après son accession au trône d’Angleterre le « DOMESDAY », document dans lequel sont recensées toutes les possessions et biens de l’Angleterre depuis 1066 !
Jusqu’à sa mort, « le père de la nation anglaise » va faire construire des châteaux pour quadriller son domaine mais aussi pour apporter un nombre important de réformes sociales, administratives, religieuses,…pour normaniser la société.
Il édifiera de nombreuses abbayes, il fera restaurer maints monastères. Pour ce faire, il fera venir des carrières de Caen, par bateau, des pierres blanches extraites de son pays natal !
De beaux exemples peuvent encore être cités : l’utilisation de la « pierre de Caen » jusqu’au port de LONDRES serviront à reconstruire l’Abbaye de WESTMINSTER sur le plan de l’abbaye phare de Normandie : l’Abbaye de Jumièges ». La « Tour de Londres » dite « La Tour blanche », est une construction typique de l’époque féodale normande. Elle présente d’étranges similitudes avec le Donjon d’Ivry-La-Bataille !
En 1070, il nomme LANFRANC, abbé de Saint-Etienne à Caen, Primat d’Angleterre, archevêque de CANTERBURY. Peu à peu, le clergé normand sera nommé en Angleterre et replacera les prêtres saxons.
Lanfranc a été Abbé du Bec-Helllouin, autre célèbre abbaye normande !
Ce prélat a permis de renforcer l’influence culturelle de la Normandie !
Désormais doté des titres de DUC DE NORMANDIE et de ROI D’ANGLETERRE, Guillaume réside des deux côtés de La Manche.


II- LES COUTUMES NORMANDES S’IMPOSENT EN ANGLETERRE !